Le Guide Duchemin

04 août 2005

T’ Elfde Gebod – Anvers (Belgique)

Torfbrug 10 - 2000 ANVERS

Une petite rue pavée dernière la cathédrale… A travers les petites fenêtres de la taverne, quelques paires d’yeux regardent. Leur regard est familier, on pourrait - en s’approchant un peu - deviner les prénoms… Jean, Pierre, Luc, Mathieu, Thérèse et la fameuse Madeleine. Certes, manger des frites chez Eugène, Madelaine elle aime ça ; mais ce soir, c’est une expérience flammande plus insolite que T’Elfde Gebod vous propose.

Traduisez Le Onzième Comandement.
La petite terasse est assez agréable dans la rue pitoresque – spécialement la nuit, où, à la lueur des bougies qui indiquent le chemin, on se sent transporté quelque mille ans en arrière… Mais la véritable attraction est à l’intérieur, et, vous l’aurez compris, c’est dans le décor que toute l’originalité ce petit restaurant réside.

Passé le porche donc, Jean, Pierre, Luc, Mathieu, Thérèse et la fameuse Madeleine vous accueillent. Dans la pénombre vous les voyez, ils vous regardent, souriant ou implorant, vous tournant le dos ou vous invitant à cette petite table en bois là-bas dans le coin. Que leur visage de platre vous impressionne, vous inquiéte ou vous intrigue, l’atmosphère que ces statues dégage envahit peu à peu la salle et votre assiette.
Dans ce lieu singulier, paradis des saints ou remise de cathédrale, chacun verra son interprétation du Onzième Commandement. Reste que l’assiette est bien remplie et le choix varié. Salade, viande ou poisson sans oublier les moules, tous les goûts sont satisfaits pour un prix intéressant. La bierre coule aussi jusqu’à plus soif (tentez les brunes excellentes) et l’on se plaît à ressentir l’excitation d’un moine bedonnant cuvant dans la sacristie…

Le voyage transporte c’est certain… peut-être jusqu’à la vidange, quand, déversant dans l’urinoir les litres consommés, le petit carré noir que vous visez s’éclaircit pour laissez apparaître un trouble « Have a nice day ! ». Oui, on aurait peut-être préféré des lattrines pour que le voyage dans le temps s’arrête à la porte du mauvais goût.